• Chapitre 3 : Une Découverte Flamboyante

    Chapitre 3 : Une Découverte Flamboyante



    Le lendemain, Aaron avait vite quitté la demeure familiale pour se rendre à l'école. Il n'avait pratiquement pas ouvert la bouche depuis son réveil et n'avait même pas voulu prendre le petit déjeuner que lui avait pourtant préparé sa mère. En même temps, il n'avait fait que ressasser l'incident de la veille durant une bonne partie de la nuit et n'avait pas trouvé réponses à toutes ses questions. Même si sa mère lui avait apporté la preuve qu'aucun monstre ne vivait chez la vieille bique, il restait persuadé que cette dernière dissimulait des choses. C'est donc quelque peu agacé, qu'Aaron remonta sa rue, sac sur le dos, pour se diriger vers son école. Cependant, lorsqu'il passa devant la maison de Karen Hildebert il ne put réprimer un frisson qui lui parcourut tout le corps et s'arrêta un instant pour l'observer. Mais ceci fut de courte durée car la vieille dame tira brusquement le rideau de sa cuisine et lui jeta un regard qui n'avait rien de bienveillant. Aaron se remit alors à marcher, bien plus vite qu'au départ et quitta son quartier.

    - C'est bien la première fois que je te vois si pressé d'aller en cours ! Toussota une voix derrière lui qui semblait essoufflée.

    Le demi tour qu'opéra le garçon lui permit alors de voir apparaître juste devant lui son meilleur ami, Justin Holmes, qui afficha une joie évidente en voyant qu'Aaron venait d'interrompre sa cadence infernale. Les deux jeunes  hommes se connaissaient depuis fort longtemps. Ayant grandis dans les mêmes endroits, ils avaient tissé des liens d'amitié dès leur première rencontre dans le jardin d'enfant voisin du quartier. Au fil du temps, ils étaient devenus inséparables et partageaient toutes leurs aventures comme deux frères. Passions, problèmes personnels, soucis de famille, premiers émois... Ils n'avaient aucun secret l'un pour l'autre.

    - Oh salut Justin ! Désolé je... Je ne faisais pas attention.

    - Tu pensais à qui pour ne pas m'entendre t'appeler à l'autre bout de la rue ? Marjorie ? Ah non je sais, la fille du bus de la dernière fois.

    Levant les yeux au ciel, Aaron ne prit même pas la peine de répondre à cette perche que lui tendait son ami car il savait que sinon il en aurait pour toute la journée. Oui il avait été charmé par cette fille qu'il n'avait jamais vu auparavant mais cela ne voulait pas dire pour autant qu'il en était tombé amoureux. Des fois, Justin pouvait se montrer très puéril et taquin. Surtout dans ce domaine là car il savait qu'Aaron n'était pas à l'aise avec la gente féminine.

    - Bon d'accord j'arrête, ajouta-t-il en se positionnant à côté de son ami. Mais cela ne m'explique pas pour autant pourquoi tu tires une tête pareille. Je te connais trop bien pour savoir que y'a quelque chose qui va pas. Aller raconte ! Encore un problème avec ton père ?

    - Non, rétorqua Aaron comme unique réponse.

    - Bah alors quoi ? T'as fait une connerie et t'es puni jusqu'à la fin de ta vie ?

    - Non !!! Grogna-t-il cette fois avec un certain agacement.

    Aaron savait que de toute façon Justin n'arrêterait pas de le questionner comme un flic tant qu'il ne parlerait pas. Son meilleur ami était vraiment quelqu'un de têtu et obtenait très souvent, pour ne pas dire tout le temps, ce qu'il souhaitait. Expirant comme vaincu après un combat éreintant, notre ami s'arrêta donc de marcher et se tourna vers Justin dont l'attention était à son apogée.

    - Je t'avais dit que je devais travailler pour la vieille bique ce week end suite à la riche idée de mon père.

    - Oui. Et alors ça s'est mal passé ?

    - Non... Enfin oui. Euh... Enfin j'en sais rien en fait. Il m'est arrivé un truc bizarre là bas.

    - Bah raconte.

    Sachant pertinemment que son meilleur ami ne le jugerait pas et ce peu importe ce qu'il lui dirait, Aaron se laissa alors aller aux confidences en racontant toute son histoire. Ceci dura un certain laps de temps durant lequel les deux adolescents poursuivirent le trajet qui leur restait à parcourir pour rejoindre l'arrêt de bus. Des groupes d'élèves s'étaient déjà formés lorsqu'ils arrivèrent à destination. Mais ils ne se mêlèrent pas de suite à eux, préférant poursuivre leur conversation.

    - Et parce que ta mère t'a dit qu'il n'y avait rien, tu vas laisser tomber ? On sait depuis toujours que la vieille bique est étrange. Souviens toi à Halloween quand les frères Stinley ont voulu frapper à sa porte pour obtenir des bonbons. Bizarrement ils sont repartis en criant, complètement effrayés, et sont rentrés chez eux pour pleurer dans les bras de leurs parents. Ils disaient avoir vu des monstres. Forcement tout le monde a mis ça sur le compte des déguisements des autres enfants mais toi et moi on sait que ça n'était pas ça.

    - Oui bon d'accord je sais. Mais que veux tu que je fasse ? J'ai aucune preuve de tout ça.

    - Non... Mais on peut essayer d'en obtenir, suggéra alors soudainement Justin l'air malicieux.

    Des deux garçons, Justin Holmes était sans doute le plus curieux et imaginatif. Parfois on l'accusait même d'avoir une mauvaise influence sur Aaron mais il n'en était rien. Ils adoraient simplement se lancer des défis et approfondir leurs recherches sur des choses qui les intriguaient. Baignant dans l'univers fantastique avec leurs jeux vidéos , leurs films et leurs bandes dessinés, Madame Hildebert apparaissait donc comme une mine d'or à leurs yeux. Ça n'était pas sans raison qu'on la surnommait la sorcière des Beaux Marais selon eux ! Seul petit hic : ceci n'avait toujours été qu'une rumeur que les parents du quartier racontaient à leurs enfants pour les effrayer et avoir la paix. L'adolescence était alors l'occasion de passer à autre chose... Mais pas pour Justin et Aaron qui restaient persuadés que derrière cette rumeur, une part de vérité se cachait. Ils avaient là l'occasion de satisfaire une fois de plus leur curiosité maladive et de prouver aux autres que les sorcières existaient.

    - Tu viens toujours chez moi ce soir ? Demanda alors Justin qui semblait en pleine réflexion.

    - Oui pourquoi ?

    - Et bien je propose que je vienne te chercher. Ça sera l'occasion de s'arrêter non loin de chez la vieille bique et de l'observer un peu pour tenter de voir ce qu'elle cache.

    - Hummm tu crois ?

    Le jeune Durtsam ne semblait pas vraiment emballé par cette idée. Non pas qu'il ne voulait pas découvrir le secret de Karen Hildebert mais c'est surtout qu'il redoutait les représailles de ses parents. Seulement la main que lui posa Justin sur l'épaule et son regard assuré lui fit rapidement oublier ses doutes et il accepta. La journée allait pouvoir enfin se poursuivre et il était temps car deux amis à eux s'avançaient dans leur direction tandis que des bruits de freins et les lamentations d'un moteur fatigué se firent entendre au loin : le bus de l'école n'allait pas tarder à pointer le bout de son nez à l'autre bout de la rue.

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    Le soir arriva bien vite prenant la place d'une journée qui fut riche en rebondissement. Dès qu'ils en avaient eu l'occasion, les deux amis n'avaient pas arrêté de reparler de cette histoire et avaient tenté de mettre en place leur plan pour la soirée. C'est donc avec des idées plein la tête, qu'Aaron était rentré chez lui pour se préparer. Oublié sa mauvaise humeur du matin, sa mère constata d'ailleurs qu'il affichait un air satisfait ce qui la soulagea car c'était le signe pour elle qu'il avait tiré un trait sur l'incident qui s'était produit la veille. Mais tout ceci n'était qu'illusion car dans sa chambre, l'adolescent réunissait déjà le matériel du parfait espion qu'il comptait prendre dans son sac. Voilà pourquoi, lorsqu'il déposa ce dernier à côté de la porte d'entrée, un bruit métallique se fit entendre. Par chance, sa maladresse n'attira pas l'attention de ses parents qui étaient bien trop occupés à discuter d'une chose qui concerner le travail du paternel. Ne restait donc plus qu'à attendre que Justin arrive.

    Ce n'est que lorsque le soleil eut totalement disparu que l'attente interminable prit fin. Aaron avait eu le temps de faire deux parties de jeu de société avec sa soeur qui n'avait cessé de l'embêter pour jouer avec elle. Au moment où la sonnette vibra de toute son intensité, il se releva avec fougue et accourut au plus vite vers la porte d'entrée. Mais ce fut son père qui fut le plus rapide puisqu'il se trouva déjà à la porte lorsqu'Aaron dévala les escaliers menant à l'étage. Le regard suspicieux qu'il lui envoya fit comprendre au jeune garçon que son trop grand empressement pouvait le trahir dans ses intentions. Il décida donc de se calmer et termina son trajet plus calmement, laissant son père ouvrir à son ami.

    - Justin ! Quel plaisir de te voir. Entre mon garçon.

    - Merci Monsieur.

    - Tu as encore grandit non ?

    - Sans doute monsieur

    C'était une évidence, Justin Holmes n'était pas à son aise devant le père d'Aaron. Il faut dire que Gabriel Durtsam n'était pas homme qui souriait facilement et n'avait pas non plus une aura chaleureuse. Il savait se faire craindre de tous et la moindre parole qu'il adressait prenait une allure de couteau aiguisé qui pouvait vous faire mal à tout moment. Pour appuyer son malaise, Justin alla même jusqu'à chercher Aaron du regard pour qu'il lui vienne en aide. Et c'est ce que fit ce dernier pendant que son père abordait déjà la question du comment allait les parents de son ami.

    - Tu sais papa on va être en retard. La mère de Justin a prévu de nous amener au cinéma juste après le repas.

    - Au cinéma ? Répéta Gabriel intrigué par le comportement mal assuré de son fils. Et qu'allez vous voir ?

    - Euh... Un film...

    - Un film qui parle d'un pays imaginaire parallèle au notre. On dit que c'est le nouveau Peter Pan des temps modernes. Poursuivit aussitôt Justin pour compléter la réponse bancale de son ami.

    Loin d'être satisfait de cette réponse, Gabriel Durtsam s'en contenta toutefois laissant alors son fils partir avec son ami. Comme d'habitude, Aaron eut le droit à toutes les règles à suivre lorsqu'on est invité chez quelqu'un. Puis, ce dont il avait horreur, sa mère le câlina tel un gros bébé sous les yeux amusé de Justin qui n'avait pas intérêt de sourire sous peine de remontrances. Tout ceci enfin passé, le duo quitta la demeure familiale sans oublier d'emporter avec eux le sac soigneusement préparé.

    D'un pas rapide, les deux petites silhouettes traversèrent la rue qui n'était plus inondée que par la lumière des réverbères et celle provenant des fenêtres des diverses maisons. Une vielle voiture croisa leur chemin mais le conducteur n'eut le temps de les apercevoir puisqu'ils disparurent juste à ce moment là dans le petit sentier caché du quartier. Justin récupéra alors son sac qu'il avait laissé juste à l'orée puis s'engouffra le premier dans ce tunnel sombre que la nature avait creusé. Hésitant l'espace d'un instant en se remémorant son cauchemar, Aaron s'empara d'une petite lampe torche qu'il avait pris soin d'amener avec lui et emboita le pas à son ami. Silencieux, prudents, les deux garçons avancèrent jusqu'à l'autre bout mais ne sortirent pas de la pénombre qui leur permettait de rester cacher aux yeux des autres. Justin s'assit. Aaron fit de même. Et ils observèrent durant un long moment la demeure de la vieille bique avant que le silence ne soit rompu.

    - Si on veut voir quelque chose il faut qu'on s'approche plus que ça Aaron.

    - Non mais ça va pas ! Et risquer qu'elle nous voit roder autour de chez elle. Là c'est sûr, mes parents me tuent.

    - Bah tu proposes quoi alors ? On va pas rester ici. Ça sert à rien !

    - Et bien on laisse tomber et on va chez toi. De toute façon je t'avais dit dès le départ que c'était pas une bonne idée.

    - Rentrer ? Et bien fait ce que tu veux. Vas dans les jupons de ta mère si ça t'amuse ! Mais moi je vais jeter un oeil.

    Le ton était monté entre les deux amis avec une rapidité impressionnante. Ils avaient pourtant commencé leur opération d'espionnage dans le calme mais là, une bombe était sur le point d'éclater entre les deux. Piqué au vif face au manque de courage de son ami, Justin partit comme une fusée en direction de la maison tant redoutée. Aaron eut beau tenter de le rappeler à plusieurs reprises, son meilleur ami fit la sourde oreille et poursuivit son avancée tel un agent secret. Figé sur place, crispé comme jamais, Aaron était en proie à diverses émotions qui se percutaient dans son corps. De la colère contre son ami, de la peur face à ce qui pouvait arriver, de la honte pour son inaction... Oui tout ceci se mélangeait en lui tandis que ses yeux ne cessaient de fixer l'ombre de Justin qui bientôt disparut derrière la demeure de Madame Hildebert.

    - Quel Crétin ! Jura-t-il en frappant un arbre avec son pied.

    Aaron se retrouva seul pendant un long moment. L'inquiétude grandissait en lui telle la lave d'un volcan en éruption. Bientôt l'explosion viendrait et il ne serait pas bon de croiser son chemin. Un craquement se fit brusquement entendre derrière lui. Sursautant, il tourna la tête pour tenter de connaître l'origine de ce bruit. Seulement, avec cette nuit sombre et tous ses arbres qui surplombaient le sentier, il était très difficile de voir quoique ce soit. Un second craquement le mit en alerte et il s'empressa de se mettre debout et de pointer alors sa lampe torche devant lui. Mais, par malchance, le faisceau de lumière disparut au moment même où il le dirigea devant lui. Et il eut beau secouer sa lampe, la frapper, rien n'y fit : Elle ne fonctionna pas. Inquiet, notre ami recula alors prudemment en gardant un oeil sur ce noir qui lui faisait place. Ainsi, il espérait pouvoir réagir au cas où quelqu'un ou quelque chose lui sauterait dessus...

                                                  BOOOM ! TSSSSSS !!! GLIINNNG !

    Un vacarme sans nom le sortit de sa torpeur le faisant sursauter de plus belle. Aaron eut tout juste le temps de se retourner qu'il vit la maison de Karen Hildebert en proie aux flammes. Des vitres explosèrent tandis qu'on pouvait également apercevoir des sortes de petits éclairs apparaître de temps à autre à l'intérieur de la demeure. Le spectacle était si impressionnant qu'Aaron en laissa tomber son sac et resta la bouche ouverte face à ce qui se déroulait devant ses yeux. Soudain, son visage passa de la surprise à une expression d'horreur. Justin !!! Justin était parti à l'intérieur de cette maison attaquée par les flammes. Ni une ni deux, il courut en ayant l'espoir de retrouver son ami sain et sauf.

    Lorsqu'il arriva sur la devanture, une nouvelle fenêtre de l'étage explosa en morceaux répandant de nombreux débris de verre sur la pelouse tondue la veille. N'écoutant que son courage, Aaron avança jusqu'à la porte en évitant toutes les projections que le feu et les explosions lui envoyèrent. Son coeur battait comme jamais face au danger mais il ne céderait pas car la vie de son ami et celle de Madame Hildebert était en jeu. D'accord, il n'appréciait pas vraiment cette dernière mais là n'était pas une raison pour la laisser brûler chez elle comme une sorcière sur le bûcher. Il posa la main sur la clinche, la pressa fortement et poussa avec fureur la porte qui s'ouvrit sans mal.

    C'est à cet instant qu'Aaron eut vraiment du mal à croire ce qui se présenta devant ses yeux. Au vu de l'incendie, il s'était attendu à ce que cela soit de la faute de la vieille bique qui avait oublié un truc sur le feu ou une de ces satanées bougies placées trop près de ses rideaux. Mais non, la cause était sans nul doute bien plus complexe. Plusieurs hommes aux tuniques noires et aux oreilles pointues étaient allongés sur le sol, comme mort. Et à l'autre bout du couloir se dressait une énorme créature. Les yeux figés sur cette dernière, notre ami put voir qu'elle ressemblait à une sorte d'oiseau en bien plus gros et bien plus grand. Elle devait avoisiner les un mètre de hauteur. Dépourvue d'ailes, la créature possédait quatre griffes acérées à chacune de ses pattes et un long bec affuté la rendant redoutable aux yeux de l'adolescent.

    Mais le pire restait à venir car l'entrée d'Aaron n'avait pas été faite en douceur et le bruit qu'il avait causé attira l'attention de l'animal qui le toisa de ses yeux rouges... Les mêmes yeux rouges qu'il avait déjà vu auparavant. Le puzzle se fit alors de lui même dans l'esprit du jeune garçon et il eut alors la preuve que son accident ne venait pas de son imagination. Seulement, crier victoire maintenant n'était peut-être pas la meilleure chose à faire car dans un cri effrayant, l'animal le chargea tel un lion fusant sur sa future proie. La réaction d'Aaron fut alors simple et rapide : Il referma avec hâte la porte et se plaqua dessus pour éviter que ce monstre ne la transperce. La violence du coup l'obligea à faire un pas en avant mais il fut soulagé de voir que cette horrible chose n'avait pas pu l'attaquer. Toutefois, au vu des cris atroces qu'il poussait, l'oiseau monstrueux ne s'avouait pas vaincu. C'est pourquoi, se disant qu'il valait mieux aller chercher des secours, Aaron prit ses jambes à son cou abandonnant sans le vouloir son ami qu'il n'avait pas retrouvé.

    Jamais le jeune Durtsam n'avait couru aussi vite. Si son professeur de sport avait été dans les parages il aurait sans doute pu changé la mauvaise note qu'il lui avait attribué lors du dernier examen. Mais loin de se soucier de son bulletin qu'il recevrait prochainement, Aaron poursuivait son chemin pour se rendre jusque chez lui et ainsi avertir ses parents de ce qui se passait. Pour gagner du temps, il coupa par le sentier qu'il connaissait si bien. Même si le noir régnait en maître il gagnerait un temps précieux. Seulement, toutes ces péripéties lui avaient fait oublier ces craquements qu'il avait entendu et il ne prit pas garde à cette personne qui se dressa devant lui. L'impact fut alors inévitable et si l'individu ne bougea pas d'un pouce, Aaron, quant à lui, fit un joli vole plané qui se termina douloureusement sur le sol. Il sentit une douleur à son genoux ainsi qu'un peu de sang couler de sa lèvre.

    Toutefois l'inquiétude du garçon ne se porta pas sur ses blessures mais plutôt sur la silhouette qui s'avançait vers lui. Paralysé par la peur, il n'osa ni bouger, ni parler. On lui posa une main sur la jambe puis sur la tête, comme si on l'examinait. Puis on le prit par le bras et le força à se relever. Ses jambes tremblèrent un peu mais la volonté d'Aaron lui permit de se tenir debout. C'est alors que la voix du mystérieux inconnu se fit entendre pour s'adresser à notre ami.

    - Le temps nous est compté Aaron. Mets tes mains sur ce sceptre.

    - Quoi ? Mais qui êtes vous ? Comment vous connaissez mon nom ? Demanda le garçon complètement perdu et apeuré par tout ce qu'il venait de vivre.

    - Je t'en prie. Les explications viendront le moment venu. Mais pour le moment fais moi confiance.

    - Pourquoi faire ? C'est pas votre sceptre qui va aider en quoique ce soit. Il faut appeler les pompiers. Et la police aussi car y'a des drôles de gars là bas... Et aussi une créature étrange.

    - Aaron ! S'il te plait, écoute moi. Ce n'est pas les gens de ton monde qui peuvent venir à bout de ces êtres. Tu as besoin d'être mis en sûreté.

    - En sûreté ? Mais pourquoi ? Et Justin ? Mon ami est là bas ? Lui aussi il faut le mettre en sûreté, déglutissait-il en sentant les larmes lui monter aux yeux.

    - Prends ce sceptre et je te promet de tout faire pour sauver ton ami.

    La discussion avait jeté un froid glacial dans ce sentier déjà si sombre. Le jeune Durtsam ne comprenait absolument pas ce qui lui arrivait. En même temps qui aurait pu comprendre ? Tout ceci n'avait rien de réel. Et comment pouvait-il croire un homme qu'il ne connaissait pas et dont il ne voyait pas le visage ? Seulement, à y réfléchir, cet inconnu était peut-être le seul espoir qu'avait notre héro pour sauver son ami. Il se mordilla les lèvres, avalant alors le sang qui coulait toujours. Puis, sans savoir vraiment pourquoi, il se laissa convaincre et posa ses deux mains sur le bâton que lui présentait l'homme.

    Une sensation étrange s'empara alors de lui comme un vertige naissant au creux de son ventre et gagnant tout son corps. Une lumière blanche s'échappa du sceptre lui permettant l'espace d'un instant de voir le visage de cet homme qui semblait vouloir l'aider. Un homme tatoué d'une trentaine d'année à la tenue d'une époque révolue. Mais cette vision se brouilla rapidement pour faire place à un trou noir.

    Aaron venait de quitter son quartier pour une destination encore inconnue...

     

    Suite : "Chapitre 4"